Sans excuses

De conneries en conneries on en arrive au recommencement. La folie comme toile de fond. Différent, en retard, victime des aléas. Sans excuses ni cruauté. De petits soulagements, sous respirations. Il était une fois les rires, la peur du cri, le bruit des répétitions, sans mots nouveaux. Il vécut et n’eut rien de particulier, insipide et délabré, lâche au possible. Des pensées pour sa fin, pour lui et rien que pour lui, incapable de partager. Alors, sans place trouvée, nous disparaîtrons.

Rouge qui peut, veut en découdre

Présentation de Rouge

Dans la perspective de se sauver coûte que coûte, Rouge se défile de cette guenille. (un vêtement que l’on peut qualifier de pacotille, mi-polyester, mi-elasthanne).

Rêvant de voyage tel un scratch sur d’autres vêtements, il se délit donc sans vergogne. Suivant son principe de fils en aiguille ou de fil sans aiguille, Rouge ne se taille surtout pas sur-mesure à une catégorie de tissus bien définie.

En douce, il pourrait se laisser tenter par une magnifique étoffe de soie rouge… Pourra-t-il s’y faufiler ?
Mais que nenni ! Rouge passera entre les mailles du filet.

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Sur la nappe

Douceur enivrante, petite balade au cœur d’une maison familiale, des sons des couverts. Le petit monde s’agite, et des pas élancés surgissent les effluves d’amour ; le vrai, celui qui s’impose d’un naturel charnel. Réunis à table, ils parlent de tout sans soupçon d’hameçon, échangent à coup de gueule, à main unis, âmes étalées sur la nappe. L’une observe, bras croisés, l’autre regarde la télé, celui-là mange, celui-ci parle, raconte, s’indigne en riant et tous échangent volontiers leurs rôles jusqu’à satiété, jusqu’au possible, ne jurant que par la clémence du temps.

En narguant l'évidence - carte du monde

En narguant l’évidence

Ça joue au solitaire pendant des vies et ça ne comprend pas, ça ne veut pas comprendre. Alors tant pis, il faudra jeter le château par la fenêtre, courir après la vague, s’asseoir sur l’ivresse en narguant l’évidence. Il n’y a pas d’intelligence, seulement des gens qui s’adaptent, qui supportent les crises sans fermer les yeux, qui pensent court, vite et peu importe le goût. Ça perd son temps, ça ne fait rien d’important, rien de décisif. Sans pulsion, sans position, que des crispés, des insatisfaits non remboursés, dans cette place rendue froide par la peur et la fatalité.

Cette nuit-là : Cheval Pizza Carnet

Cette nuit-là, nous avions prévu de nous rejoindre autour d’une pizza, dans un restaurant de Saint-Germain-des-Prés. Un an que nous essayions de mettre en place ce projet à la con, un de ceux qui permettent d’exorciser les passions en marge du quotidien.

20h06 :

 je me trouvais adossé à un arbre entouré de clochards près d’un banc public aussi vide que ma panse, humilié par la pluie. De toute évidence, arriver en avance n’a jamais eu d’intérêt, et là l’homme délavé s’en va pisser près d’une ombre, sortant sa verge dans un silence profond.

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Leur vie à s’esquiver

Et si l’on avait continué d’embrasser les mots du chemin, si l’on était resté à vivre la complexité, et si le courage de s’en foutre avait pu rompre toutes ces banalités, l’on n’en serait pas à boire les souvenirs. Pauvres cons défigurés par la folie des jeunes années, ils passeront leur vie à s’esquiver, à faire le tour du monde aux quatre coins des regrets, au rythme des décennies, comme ça, juste pour se dire que c’est possible. Possible de faire d’un vivant-aimé le deuil, d’avancer sans arrêts, avec ces petites pensées qui donnent envies d’y rester.

L’errance du parasol bleu

Au milieu d’une étendue bleue indigo, un parasol bleu de cobalt catalogué de lieu paradisiaque, tangue, tangue et … tangue.

Me prenant pour un surhomme qui scrute du point de vue du ciel, je le regarde et je pense : il a toujours une grâce, il est toujours une sublimation du paradis. Il est tranquille, il se déplace lentement.
Pourtant, il est au milieu de l’océan, sans aucune protection. Son armature est bricolée par huit brindilles de bois effrités, d’un papier d’au moins 40 grammes plus fragile que du papier de soie et agrémenté d’hibiscus idéal pour se remémorer l’été perdu. Malheureusement, ce motif bave à l’impression dû à la qualité du papier. Cette imperfection des parasols me rappelle qu’un lieu-dit “paradisiaque” est aussi  instable qu’un lieu-dit “plus ordinaire”.
Par une instabilité constante, est-il armé pour braver les océans ?
Peut-il retrouver la terre ferme ou bien, pour rester plus terre à terre, son cocktail de prédilection ?

N’ayant pas la visibilité sur toutes les choses du monde, juste des bribes de moments simples par mon regard de simple humaine, je ne saurais pas ce qu’il aura vécu, sera-t-il vaincu ou aura-t-il survécu ? Seul lui le découvrira.

 

Les lois de leurs logiques

Ils ont déjà tout écrit, il n’y a rien à ajouter. Un soir d’hiver, quand naquit l’adulte dans sa paille dorée, le nuage se figea le temps d’un espace. La course de l’univers fit une brève pause pour le contempler exister. Et revint le chemin de l’Histoire, la voie des croyances, l’épopée humaine gavée de ses paradoxes insondables. Alors, sans philosophie, il se leva et partit pour l’extérieur, à la recherche de l’erreur. De nuits en lumières, il caressa les dictâtes, les lois de leurs logiques. Puis de femmes en femmes l’on partagea sa vie, sa magie, pour finir sous un sapin.

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